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Le Pôle d'Archéologie

Jean-Baptiste Prosper JOLLOIS (1776-1842)
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Germain DU FAUR DE PIBRAC (1821-1886)
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Jean-Baptiste Prosper JOLLOIS (1776-1842)

Portrait de Jean-Baptiste Prosper Jollois par Dutertre (Paris, Bibliothèque des Musée Nationaux, manuscrit 185)

L’égyptologue

Diplômé de l’école polytechnique en 1796 et sorti de l’école des Ponts et Chaussées, Jean-Baptiste Jollois, ingénieur ordinaire, part de Toulon le 10 avril 1798 : il est à 22 ans membre de l’expédition française en Egypte. Il y figure en tant que collaborateur de la « Commission des sciences et des arts » fondée par Bonaparte. Durant cette période, il travaille aux canaux, aux routes, aux systèmes d’irrigations et à la construction d’hôpitaux dans ce pays qu’il découvre.

En mars 1799, il part du Caire pour la haute Egypte avec la « Division Desaix », où il est chargé des levées topographiques des canaux, du système d’irrigation et du régime du Nil. Il étudiera également pendant près d’un an, le fusil à l’épaule, les vestiges antiques de la région et visitera les ruines de Thèbes, d’Esné, Denderah. Il ramènera de cette campagne une centaine de dessins.  À cette occasion, il s’intéresse aux bas-reliefs astronomiques antiques dont il produira par la suite plusieurs mémoires.

En août 1799, il découvre avec Edouard de Villiers du Terrage, dans la vallée des singes, le tombeau d’Amenhotep III.

Rentré au Caire il est chargé de travaux hydrauliques dans le Delta, avant son retour en France le 10 janvier 1802, où il devient secrétaire de la Commission d’Egypte et participe à la rédaction de la « Description de l’Egypte » jusqu’en 1810.

L’archéologue

Ingénieur en chef en 1819, Jean-Baptiste Jollois est nommé dans le département des Vosges, où il devient membre de la Commission des Antiquités du Département créée en 1820. Il réalise entre 1820 et 1822 des fouilles et diverses études sur les sites antiques de Grand (amphithéâtre et abords), Soulosse-sous-Saint-Elophe (rempart du castrum), Bleurville (complexe thermal), Bouzemont (villa gallo-romaine), Lamerey (thermes) ou encore Donon (sanctuaire). C’est à cette période qu’il démarre sa longue collaboration avec le jeune Charles Pensée, de 22 ans son cadet. Celui-ci va assurer jusqu’en 1843 les dessins, aquarelles et lithographies, compléments indispensables à ses nombreuses publications toujours richement illustrées.

À partir de 1822, Jean-Baptiste Jollois est nommé dans le Loiret où il séjourne jusqu’en 1829. Il réalise en 1823 les fouilles de la fontaine de l’ Étuvée à l’occasion d’une étude sur l’alimentation en eau de la ville d’Orléans. Il dégage un bassin, un puisard antique et met au jour la célèbre dédicace à Acionna. C’est durant cette même année qu’il suit les travaux aux fondations de la Halle aux Blés dans le Grand Cimetière (Campo Santo) et met au jour de nombreux vestiges qu’il rattache à une manufacture de poterie antique. Il compilera ces découvertes et d’autres dans un incontournable ouvrage sur les antiquités du Loiret, visant à « servir à placer Genabum, d’une manière en quelque sorte incontestable ». Cette publication est également une réponse à la circulaire du Ministre de l’intérieur en date du 8 avril 1819 concernant les « instructions sur les recherches archéologiques, historiques, etc. à faire dans le département du Loiret ».

Le savant

En 1828, l’entête du mémoire des antiquités du Donon, présente Jean-Baptiste Jollois comme « Ingénieur en chef des ponts et chaussées, Membre de l’Institut d’Egypte, de la Société d’Emulation des Vosges, Membre résidant de la Société royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d’Orléans, correspondant de la Société royale des Antiquaires de France, des Sociétés des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Nancy et de Macon, Chevalier de l’Ordre royal de la Légion d’Honneur ». On pourra ajouter qu’il a été Président de la Société royale des Antiquaires de France en 1833.

Les archives de Jollois ont été confiées par sa veuve à la Société nationale des antiquaires de France aujourd’hui déposées aux archives nationales sous la cote 36AS/100-109. Les archives des travaux et publications concernant les Vosges (1819 et 1822) se trouvent conservées aux archives départementales des Vosges dans la série 9T (commission des Antiquités et Monuments historiques).

Principales publications

  •  Antiquités du grand cimetière d’Orléans, Paris, 1831, 46 p. + 16 planches.
  • Histoire du siège d'Orléans, contenant une dissertation où l'on s'attache à faire connaître la ville et les environs, tels qu'ils existaient en 1428 et 1429, ainsi que l'emplacement des boulevarts et bastilles des Anglais, les armes en usage à cette époque pour l'attaque et la défense, et les forces relatives des assiégeants et des assiégés, Paris, 1833, 95 p. + 7 planches.
  • Mémoires sur les antiquités du département du Loiret, Orléans, 1836, 177 p. + 27 planches.

Une liste exhaustive des publications de Jollois est disponible en pdf à la fin de cet article.

Pour en savoir plus

  • Journal d'un ingénieur attaché à l'expédition d'Égypte, 1798-1802 ; publié par P. Lefèvre-Pontalis notes de voyage et d'archéologie, rédigées par Prosper Jollois, ingénieur des ponts et chaussées, membre de la Commission des sciences et arts, avec des fragments tirés des journaux de Fourier, Jomard, Delille, Saint-Genis, Descostils, Balzac et Coraboeuf, 1904.
  • De l'Égypte aux Vosges : l'archéologue et l'aquarelliste : Hommage à Prosper Jollois (1776-1842) et à Charles Pensée (1799-1871), Épinal, Musée départemental d'art ancien et contemporain, 1998.


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 « Mon cher ami, vous êtes si profondément, atteint de la maladie qui a nom archéologie, que je ne saurais résister au désir de vous faire part de nos découvertes [...] ». (Lettre adressée à Jollois - 1840 : Bulletin de la société nationale des antiquaires de France, 1905, p. 111).


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