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2016 : Les couleurs des pans de bois, Clément Alix.

33-35 rue de l'Empereur, maisons des années 1480-1490 (crédits : Pôle d'archéologie, 2014)

Alix (C.), "Les traitements colorés des façades en pan-de-bois du XIVe au XVIIIe siècle. L’exemple des maisons d’Orléans", dans Esquieu (Y.) dir., Les couleurs de la ville. Réalités historiques et pratiques contemporaines, actes du colloque international de Viviers du 9-11 septembre 2011, Presses Universitaires de Provence, 2016, p. 111-130.

Résumé

Malgré le développement des recherches portant sur la technique du pan de bois, force est de constater que la question de sa valorisation par la couleur reste assez peu connue. L’accent a parfois été mis sur les décors peints à l’intérieur de demeures (cloisons en pan de bois) ou plus rarement sur quelques programmes extérieurs au caractère exceptionnel. Or, la mise en valeur de plusieurs centres anciens en France durant ces quatre dernières décennies s’est accompagnée de la redécouverte d’un patrimoine en pan de bois à la structure jusqu’alors cachée par des enduits. Si certaines restaurations se sont attachées à rendre les pièces de bois des façades apparentes en insistant sur l’aspect naturel et vieilli du matériau, quelques architectes ont au contraire préconisé l’application de peintures colorées plus ou moins vives. La bibliographie de la fin des années 1980 et des années 1990 reflète ces expériences qui s’appuyaient parfois sur la lecture de textes d’archives, d’images anciennes ou sur l’observation de traces ténues de couches picturales dont la datation n’est pas aisée.

Les études d’archéologie du bâti menées dans le cadre de la campagne de ravalement et de restauration des façades du centre ancien de la ville d’Orléans ont été l’occasion d’étudier la construction et les transformations d’une soixantaine d’édifices. Le corpus se compose de maisons à façade en pan-de-bois édifiées entre la fin du XIVe et la fin du XVIIIe siècle. Il est ainsi possible de retracer à une échelle locale l’évolution des goûts colorés qui ont animé le paysage urbain durant ces quatre siècles. À l’instar d’autres régions, il semble que les effets naturels de polychromie aient été particulièrement appréciés grâce au contraste créé entre le bois et les teintes des hourdis, dont les matériaux étaient apparents ou enduits. Dans la tradition constructive orléanaise, caractérisée par une architecture en pan de bois dépourvue de grands programmes sculptés, les enduits colorés et les simples peintures ornementales ont également été primordiaux à certaines époques. C’est finalement très tardivement qu’apparaît la peinture blanche visant à nier visuellement l’ossature du pan-de-bois afin d’imiter l’architecture en pierre, phénomène qui annonce les recouvrements systématiques des pan-de-bois sous les enduits de l’époque contemporaine.

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