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Squelette inhumé à genou découvert rue Porte-Saint-Jean à Orléans, fin septembre 2019 (crédits : Pôle d'archéologie, 2019)

Des sépultures inhabituelles, rue Porte-Saint-Jean

Deux sépultures plutôt inhabituelles ont été mises au jour par les agents du Pôle d'archéologie lors du diagnostic accompagnant la requalification de la rue Porte-Saint-Jean. Une première a été découverte le 26 septembre, une deuxième le 2 octobre.

Des squelettes en ville ...

Ce n'est pas la première fois que des squelettes sont découverts lors des travaux de réfection des réseaux en centre-ville. On retiendra ici les exemples de la rue Saint-Euverte, de la rue d'Escures, ou de la rue Saint-Paul au début de l'été 2019. A chaque fois, il s'agissait de sépultures intégrées dans un espace funéraire bien défini, notamment autour des églises Saint-Euverte, Saint-Pierre-du-Martroi, Saint-Paul. Les squelettes étaient allongés, probablement disposés dans des contenants de type cercueil.

... mais d'un type très particulier

Rue Porte-Saint-Jean, le cas de figure est très différent.

Tout d'abord la localisation, les 2 sépultures étant installées directement dans la rue gallo-romaine puis médiévale, que reprend le tracé de l’actuelle rue Porte Saint Jean, à l’écart de tout lieux de culte connu. Aucune église ancienne ne se trouve à proximité immédiate. Il ne s'agit donc pas d'un espace funéraire à rattacher à un cimetière paroissial.

C'est surtout la forme des sépultures qui est ici très étonnante. Tout d'abord, les deux individus ont été déposés dans des creusements de plan circulaires ou carrés de 1 m de profondeur environ. De plus, ils ne sont pas installés, comme c'est le cas généralement, en position allongée.

Le premier est à genoux, le buste relevé et les mains derrière le dos (sans doute liées). Le second est assis, les jambes repliées. Il a lui aussi les mains liées dans le dos. Seul le premier a déjà été examiné par l'anthropologue du Pôle d'archéologie. Il s'agit d'un individu de sexe masculin, de taille moyenne. L’âge au décès et la cause de la mort n’ont pas encore pu être déterminés. Il faudra attendre les analyses plus poussées dans les prochains mois. Le deuxième vient juste d'être dégagé. Les premiers examens seront effectués dans les prochains jours.

Aucun objet (arme, ustensile), élément de vêtements (boutons, boucle de ceinture) ou dépôt rituel (offrande de nourriture, vases en céramique) n’ont été découverts à proximité du corps. Le crâne absent des photographies, était présent lors de la découverte mais n'a pas pu être maintenu en place lors de la fouille.

Pour le moment les éléments de datation à disposition indiquent une mise en terre des défunts au plus tôt au Ier s. apr. J.-C. Le contexte de découverte pose question puisqu'ils semblent avoir été enterrés dans une zone de voirie pendant l'Antiquité. Là aussi, les études à venir permettrons d'en savoir plus.

Des pratiques rituelles spéciales

On rappellera pour mémoire que le quartier est connu pour avoir accueilli une zone funéraire du IIème s. av. J.-C. au Ier s. apr. J.-C. Trois sépultures d'enfants ont été découvertes lors des fouilles qui se sont déroulées au 18 rue Porte-Saint-Jean et deux sépultures d'adultes ont été mises au jour sur le site localisé 8-10 rue Porte-Madeleine. Ces tombes étaient accompagnées de plusieurs dépôts rituels, notamment des animaux sans doute sacrifiés. Parmi ces animaux, on note la présence de trois rapaces, des pygargues à queue blanche.

La présence de ces inhumés très particuliers, à proximité immédiate, pose beaucoup de questions. L'étude n'en est qu'à ces débuts. Des datations précises au radiocarbone vont d'abord être effectuées pour préciser la datation de ces individus. L'analyse anthropologique permettra d'observer si des traces de blessure ou de mise à mort particulière sont visibles. Elle déterminera aussi l'état de santé général des défunts pour essayer de comprendre qui ils étaient. Des interrogations demeureront certainement.

Apparition du premier squelette au fond de la tranchée de réseau (crédits : Pôle d'archéologie, 2019) Fouille en cours du deuxième squelette rue Porte-Saint-Jean à Orléans (crédits : Pôle d'archéologie, 2019) Deuxième squelette après dégagement partiel (crédits : Pôle d'archéologie, 2019) Vue générale de la tranchée de réseau rue Porte-Saint-Jean (crédits : Pôle d'archéologie, 2019)

Dernière mise à jour le 14.10.2019