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Patrimoine

Affichage détaillé (Musée virtuel)


Chevilles osseuses et cornes de bovidés

Orléans

4 quai du Châtelet45000Orléans

Matière

Chronologie

Catégorie

Datation contexte de découverte :
Comblement de bacs de tanneurs, XVIIIe ou XIXe siècle

Informations administratives

: 45234269

Site archéologique

4 quai du Châtelet
Chevilles osseuses trouvées sur le diagnostic du 4 quai du Châtelet à Orléans (crédits : Pôle d'archéologie, 2016)Détail des chevilles osseuses trouvées sur le diagnostic du 4 quai du Châtelet (crédits : Pôle d'archéologie, 2016)

De nombreuses cornes et chevilles osseuses de bovidés ont été mises au jour lors du diagnostic archéologique du 4 quai du Châtelet à Orléans. Ces restes correspondent à la corne de vaches ou bœufs enveloppant la cheville osseuse, rattachée à l’os frontal du crâne.

Ces cornes ont été retrouvées dans un contexte particulier, en remblai de fosses maçonnées appartenant à un atelier de tanneur. La découverte de chevilles osseuses dans ce type de contexte est plutôt courante.

L'artisanat de la tannerie

L’artisanat de la tannerie a pour objectif la transformation des restes d’une dépouille animale en matière imputrescible, donc en cuir. Cette transformation s’effectue par le biais d’une préparation des peaux, en enlevant les restes de chair et les poils encore présents. Elles sont ensuite assouplies dans des bacs, avec des phases de macération dans des bains de jus végétaux et animaux contenant une teneur de tan de plus en plus importante. Enfin, intervient l’étape de tannage à proprement parler, qui va transformer la peau en cuir imperméable et imputrescible. Le trempage des peaux dans des cuves, disposées en strates alternées avec des couches de tan, vont progressivement les renforcer et les durcir.

Un indice sur la localisation des artisans bouchers

Ainsi, la découverte de restes de chevilles osseuses dans les rejets d’un atelier de tanneur indique un approvisionnement direct en peaux de bovidés depuis un ou plusieurs ateliers de bouchers, puisque ces peaux possèdent encore des restes de crânes et de cornes. Ceci prouve aussi la proximité géographique entre les ateliers de bouchers et les ateliers de tanneurs.

A Orléans, la plupart des tanneries répertoriées et connues pour la période moderne sont situées le long de la Loire, entre le Châtelet et la Tour Neuve. Cet artisanat nécessite en effet de grandes quantités d’eau et s’installe exclusivement à proximité de rivières. Ce n’est pas un hasard s’il existe encore, dans ce quartier, une rue des Tanneurs ! Et où se trouve le quartier des bouchers, fournissant leurs voisins tanneurs en peau de bovidés non écornée ? Là encore, cet emplacement nous est indiqué par la toponymie actuelle, avec la rue des Bouchers, perpendiculaire à la rue des Tanneurs et à environ 150 m à l’ouest du diagnostic du 4 quai du Châtelet.


Ces cornes, retrouvées en comblement des fosses maçonnées d’un atelier de tannage d’époque moderne, nous renseignent ainsi sur les pratiques commerciales entre deux corporations occupant une grande partie des bords de Loire, entre la Charpenterie et la rue de la Tour Neuve.


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