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Patrimoine

Affichage détaillé (Musée virtuel)


Balles de jeu de paume

Orléans

8 rue des Gobelets

Chronologie

Catégorie

Dimensions : Diamètre : 3,5 cm
Datation contexte de découverte :
Comblement d'un trou de boulin, XIVe-XVe siècle

Site archéologique

8 rue des Gobelets
Balles de jeu de paume retrouvées au n° 8 rue des Gobelets, à Orléans (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)Balles de jeu de paume retrouvées au n° 8 rue des Gobelets, à Orléans (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)

Trois balles de jeu de paume ont été découvertes au fond d'un trou de boulin*, lors de l'étude de la façade du 8 rue des Gobelets. Ces trois petites balles ont une enveloppe en cuir posée sur une couche de tissu grossier qui entoure un bourrage constitué de petits morceaux de tissus. Il s’agit de balles de jeu de paume ou "esteufs".

De la rue des Gobelets à Rabelais

Ce divertissement est attesté en France par des sources textuelles dès le XIIIe siècle et par des documents iconographiques à partir du XVe siècle. Les "esteufs" les plus anciennes étaient constituées de bourre de poils d’animaux ou, de chutes d’étoffes, de chiffons ou d’étoupes de laine, recouvertes de peau de mouton.
À Orléans, de nombreux jeux de paume sont attestés sous l’Ancien Régime, dont trois ou quatre dans le quartier de l’université d’Orléans aux XVIe et XVIIe siècles, notamment entre la rue du Gros-Anneau et la rue de la Tour-Neuve, puisque ce sport était particulièrement prisé par les écoliers et leurs maîtres. Rabelais indique que passant à Orléans, Pantagruel y apprit à jouer à la paume au point de devenir "maître" et cela parce que "les estudiants dudit lieu en font un bel exercice".

Un loisir pratiqué par les gens d'église aussi

Il y aurait eu une quarantaine de jeux de paume à Orléans au début du XVIe siècle, puis 22 vers 1656, environ 14 en 1776, avant qu’ils ne disparaissent à la fin du XVIIIe siècle. Ce loisir était également couramment pratiqué par les gens d’églises : évêque, chanoines ou prêtres. Ainsi, un acte du XVIe siècle mentionne un conflit au sujet d’une redevance due par le chévicier du chapitre d’Orléans envers l’évêque, qui consistait en une paire de battoir et des éteufs neufs afin que le prélat "pût, avec ses chanoines, se récréer à faire bondir les esteufs". Dans le quartier canonial, il semble que le jeu de paume était pratiqué par l’évêque et les chanoines, derrière le chevet de l’église cathédrale "au lieu du prétoir de l’officialité".

Les trois balles qui ont été déposés pour une raison inconnue dans le trou de boulin de la maison 8 rue des Gobelets, sont datées très largement d’entre le XIVe et le XVIIIe siècle.


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