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Patrimoine

Affichage détaillé (Musée virtuel)


Tympan en bois

Orléans

Quartier du Châtelet

Chronologie

Catégorie

Traitement : Restauré
Datation contexte de découverte :
XVIe-XVIIe siècle
Tympan découvert dans le quartier du Châtelet (collections du Musée historique et archéologique de l'Orléanais).Maison dessinée au 3 place du Châtelet à Orléans, par C. Sauvageot en 1867, avec l'emplacement des tympans des boutiques en rez-de-chaussée (source : Palais, châteaux, hôtels et maisons de France du XVe  au XVIIIe  siècle, éd. A. Morel, Paris, 1867).Maison dessinée au 3 place du Chatelet à Orléans, par C. Sauvageot, détail d'un des tympans (source : Palais, châteaux, hôtels et maisons de France du XVe  au XVIIIe  siècle, éd. A. Morel, Paris, 1867)Tympan de la maison du 4 place du Châtelet à Orléans, détail du poitrail (crédits : Pôle d'archéologie, 2007)Tympan découvert dans le quartier du Châtelet (collections du Musée historique et archéologique de l'Orléanais).

Deux tympans en bois se trouvent dans les collections du Musée archéologique et historique de l’Orléanais. À la demande du Pôle d’archéologie, l’un d’entre eux a fait l’objet d’une restauration en 2014.

Dans l’architecture civile orléanaise, il constitue l’un des rares témoins des éléments de fermeture en bois qui se trouvaient dans les arcades en pierre servant de devanture de boutiques.

Un élément fonctionnel et décoratif…

Il est constitué d’une ossature en chêne dont les éléments sont assemblés et chevillés. Les espaces entre les pièces de bois servaient à l’éclairage et à l’aération de la boutique. Des fragments de papiers, des tasseaux et des morceaux de planches clouées sont les vestiges d’éléments de fermeture posés ultérieurement pour clore ces petites ouvertures.

Différentes pièces de bois du tympan présentent un décor mouluré et sculpté. Le poitrail (poutre principale en bas) est orné de frises de perles ou de denticules et est engoulé aux extrémités, c’est-à-dire sculpté de gueules d’animaux ou de monstres. Ce motif d’engoulant, issu de la tradition du « gothique flamboyant », est très fréquent à Orléans, dans la première moitié du XVIe siècle, pour décorer les façades en pan de bois et les poutres de plafonds de maisons en pierre. Sur le tympan, le poitrail est également sculpté au centre d’un motif de mascaron (tête humaine).

Ce vocabulaire décoratif appartient à celui de la Renaissance classique, ce qui permet, par comparaison, de situer la construction de ces tympans dans le dernier tiers du XVIe siècle ou dans la première moitié du XVIIe siècle.

… d’une maison de marchand dans le quartier du Châtelet

Il fort probable que ces deux tympans proviennent d’une ou plusieurs maisons situées dans le quartier commerçant du Châtelet, détruites lors de la construction des halles au XIXe siècle.

Nous pouvons peut-être identifier cette maison comme étant celle qui s’élevait au n° 3 rue du Châtelet et qui a fait l’objet de deux relevés avant sa destruction (publiés en 1867 par C. Sauvageot, Palais, châteaux, hôtels et maisons de France du XVe  au XVIIIe  siècle, A. Morel, Paris, 1867, t. 3, pl. 1-2). La façade en brique et pierre de cette demeure possédait deux devantures de boutiques dotées de semblables tympans. Les autres éléments de la façade permettent de dater ce bâtiment de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle.

Néanmoins, un tympan semblable a été dessiné dans une arcade d’une maison en brique et pierre de la rue de la Pierre-Percée, également détruite au XIXe siècle (L. Vaudoyer,dans A. de Baudot, A. Perrault-Dabot, Archives de la Commission des Monuments Historiques, Laurens et Schmid, Paris, 1856, t. III, pl. 89, I).

Les exemples à voir en ville

Au final, le seul exemplaire encore conservé en place se trouve dans une autre maison du quartier du Châtelet, la maison dite de l’Ours (n° 4 place du Châtelet). Le tympan de cet exemple, datant également de la fin du XVIe ou du début du siècle suivant,  a été inséré dans une maison plus ancienne (1ère moitié du XVIe siècle). Son linteau conserve un motif central de cuir et est engoulé de lions ou de béliers.

Enfin, remarquons que dans les restaurations des années 2010, ce dernier élément a servi de modèle pour la création de poitrails dans les arcades des maisons n° 6 place du Châtelet et n° 4 rue des Trois-Maillets.


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