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Patrimoine

Affichage détaillé (Musée virtuel)


Déchets de patenôtrier

Orléans

Rue des Pensées

Matière

Chronologie

Datation contexte de découverte :
Deuxième moitié du XVIIe siècle

Informations administratives

: 45234258
Déchets de fabrication d'un atelier de patenôtrier découvert rue des Pensées à Orléans (crédits : Pôle d'archéologie, 2016)Chaîne opératoire de la fabrication de perles en os à patir de l'analyse des déchets de la rue des Pensée à Orléans (crédits : Pôle d'archéologie, 2016)Représentation médiévale de la fabrication de perles, Hausbuch der Mendelschen Zwölfbrüderstiftung (Stadtbibliothek Nürnberg, Amb. 317.2°, f. 93v)

Le dépotoir d'un artisan du XVIIe siècle

Au sein d’une couche de dépotoir datée de la deuxième moitié du XVIIe siècle, plusieurs fragments d’os animaux ont été découverts. Certains d’entre eux correspondent à des déchets de consommation (bœuf, cochon, capriné, oie) mais d’autres portent des traces de découpe et de mise en forme caractéristiques d’un atelier de travail de l’os. La production identifiée est celle d’un patenôtrier. Cet artisan fabriquait à la fin du Moyen Âge et à l’époque Moderne des perles dont bon nombre devaient servir à la confection de chapelets. Ils produisaient également des boutons et des dés à jouer.

Chaîne opératoire

Le mode de fabrication et l’outillage est décrit à la fin du XVIIIe siècle dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1762-1772). L’analyse des déchets retrouvés lors des fouilles archéologiques permet de restituer les étapes de fabrication, de l’acquisition de la matière première à l’objet fini.

Le matériau utilisé est ici des métapodes de bœufs complets. Des exemples montrent aussi que ce type d’artisanat peut utiliser des côtes de grands animaux (cheval et bœuf).

  1. Récupération et nettoyage des métapodes de bœuf ;
  2. Débitage à la scie des extrémités des diaphyses pour les grands os (étape non observées sur les petits modules ;
  3. Les diaphyses sont débitées en lamelles ;
  4. L’outil utilisé pour perforer les lamelles est une mèche à trois pointes. Plusieurs mèches ont été utilisées car les diamètres sont différents (7 mm, 10 mm et 13 mm) ;
  5. Le perçage est en deux temps.  La pointe centrale de la mèche perfore l’os de part en part alors que les autres pointes traces le contour du disque à découper ;
  6. Puis on procède au retournement de la lame et on découpe sur la deuxième face. L’ajustement des deux faces est permis grâce à l’avant-trou central. L’artisan procède en perforant plusieurs disques sur la première face, puis il retourne la pièce et finalise les découpes de tous les disques.

L’artisan a rentabilisé la matière en utilisant les lames les plus épaisses pour faire les perles de plus grand diamètre (ép. 10 mm). Sur celles-ci on observe une seule ligne de percements. Sur les lames d’épaisseur plus réduite (autour de 5 mm), l’artisan a effectué au moins deux lignes de percement. L’un des fragments permet d’observer la fabrication en série des perles car quatre d’entre elles n’ont pas été terminées. En effet, seule la première face est perforée.


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