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Le Pôle d'Archéologie

Les archéologues du XXe siècle

Vue aérienne de l'église Saint-Paul après les bombardements de 1940. On aperçoit les sondages archéologique de Pierre Hamel autour des piliers de l'église (crédits : AMO, 3Fi1692)

La première moitié du XXe siècle, ponctuée par les deux guerres est peu propice aux recherches archéologiques. Outre les pertes humaines qui vont éclaircir les rangs des sociétés savantes en exercice, les bombardements de juin 1940 vont toucher les archives et les musées dont celui de l’hôtel Cabu qui verra ses collections réduites en cendre.

Durant l’entre deux guerres on citera toutefois les recherches de Georges Chenesseau qui entreprend en 1937 de vastes fouilles dans la cathédrale visant à retrouver la cathédrale romane et celle de Saint Euverte.

Pierre Jouvellier, directeur du musée historique à partir de 1938 et Marcel Marron, premier archéologue municipal, chargé de l’inventaire et de la sauvegarde des éléments patrimoniaux après les bombardements font partie, avec Jean Le Maire et Pierre Hamel des personnalités marquantes de cette période. Ils fouilleront les décombres du quartier ouest et suivront les travaux de la reconstruction, rapportant régulièrement leurs découvertes dans les bulletins de la Société historique et archéologique de l’Orléanais.

Vers une protection du patrimoine archéologique

Le cadre législatif qui se met en place avec la loi dite de Carcopino le 27 septembre 1941 est destiné à la fois à règlementer les opérations archéologiques (délivrance d’une autorisation) et offrir une protection aux vestiges (déclaration de toutes les découvertes).

Ce premier texte général, prévu avant tout pour les sites en milieu rural, va être complété au fil du temps pour répondre aux nouvelles problématiques que sont la prise en compte des vestiges archéologiques en amont des aménagements, et, leur protection ou leur étude. Il aboutit en 2001 à encadrer l’archéologie préventive et le financement de cette activité, placée dans le domaine concurrentiel en 2003.

Localement René Louis est nommé directeur des antiquités historiques de la deuxième circonscription à partir de 1945, remplacé en 1957 par Gilbert Charles Picard, Yves de Kish en 1975 et Alain Ferdière en 1987. A partir de cette date les antiquités historiques et préhistoriques sont regroupées et dirigées par Michel Clément en 1991, Michel Edouard Bellet en 1992 et Laurent Bourgeau de 1998 à 2015.

L'archéologie de sauvetage

La fin des années 60-début des années 70 connaît un développement des personnels archéologues et le démarrage de travaux d’urbanisme importants visant à réaménager le centre ville. L’arrivée en 1968 de Alain Ferdière (assistant du directeur des Antiquités historiques), puis en 1971 de Jean-François Baratin (archéologue départemental) épaulé par les correspondants locaux (notamment Jacques Debal), combinée à la décision de la ville d’Orléans de se doter d’un Plan d’Occupation des Sols va permettre la mise en place d’une archéologie de sauvetage en milieu urbain.

Les premiers travaux d’envergure sont les marchés couverts dans le quartier de la Charpenterie en 1968-1969, suivis des vastes chantiers aux abords de la Cathédrale de 1977 à 1980 (Saint-Pierre-Lentin, Saint-Michel et le mail Pothier, ensemble d’une superficie de 1,3 ha) et du Campo Santo dont la destruction du grand cimetière marquera les esprits à la suite d’un scandale retentissant qui s’étalera dans la presse de 1977 à 1979.

D’autres opérations suivront comme la place Louis XI (1981), le Palais de justice, l’îlot Saint Germain, la place du Martroi (1986-1987), et la place Isaac Jogues (1988).

 

Destruction du quartier de la cathédrale d'Orléans

Premières synthèses archéologiques

Les fouilles conduites par la Circonscription des Antiquités Historiques du Centre durant cette période, sous la responsabilité d’archéologues professionnels (Dominique Petit, Marie Françoise Gleizes, Véronique Lallemand ...) vont esquisser la physionomie d’Orléans à travers les époques, dont un bilan est dressé en 1988 dans l’exposition et le catalogue « Truelles et palissades : 10 ans d’archéologie à Orléans ». Ces 20 années d’archéologie urbaine (1968-1988) ont permis de relever les premières formes d’urbanisation de Genabum à La Tène finale, la lente romanisation du tissu urbain et des habitats, d’étudier le rempart du IVe siècle et son évolution, d’explorer le quartier canonial, quelques cimetières et édifices religieux fondés à l’époque carolingienne ou au Moyen-Âge, d’analyser le bâti médiéval et moderne dans la structure urbaine actuelle, de révéler quelques détails des fortifications de la ville des XIVe et XVe siècles.

Des études détaillées du mobilier ont également été conduites sur les éléments découverts en fouille, jetant les bases de typo-chronologies indispensables (Jorge Barrera : verres creux des XIVe-XVIe siècles ; Jacques Puchal Gellida : céramique du haut Moyen-Âge ; Dominique Orssaud : céramique médiévale), ou apportant des précisions sur l’environnement historique (Pierre Poupet et Chantal Leroyer : palynologie et archéologie des paysages).

Création du service archéologique municipal d'Orléans (SAMO)

Avec le grand projet de réaménagement des bords de Loire, la municipalité va faire le choix de se doter d’un service archéologique.

De 1992 à 2006, 28 opérations archéologiques ont été conduites par le service auxquelles s’ajoutent 5 opérations réalisées en collaboration avec celui-ci. Les interventions ont principalement porté sur le territoire urbain ancien situé à l’intérieur de la dernière enceinte du XVIe siècle. De une à cinq opérations d’importance variable ont été menées annuellement, allant de la surveillance des terrassements à la fouille, de sauvetage urgent ou préventive, en passant par les sondages d’évaluation.

De cette trentaine d’opérations, on retiendra principalement les opérations du front de Loire menées entre 1993 et 1996 (îlot du jeu de Paume et îlot Nazareth) qui ont permis de montrer la fonction portuaire de ce secteur d’Orléans avec la découverte de quais successifs gagnés sur le cours de la Loire et d’entrepôts datés au plus tôt du dernier quart du Ier siècle avant notre ère, en lien avec le commerce fluvial.

En 1994, les premières observations sont réalisées sur les quartiers ouest de la ville, notamment au n° 29 de la rue Porte Saint-Jean. Celles-ci mettent en évidence pour la période allant du Ier-IIIe siècle, l’existence d’un quartier plutôt artisanal, situé en périphérie de la ville du Haut-Empire.

Vers une archéologie préventive

Quelques années plus tard, les interventions de l’Afan puis de l’Inrap dans les parcelles voisines valideront cette hypothèse.

En 1997 et 1998, en front de Loire et à l’est de la ville, deux campagnes de fouilles donnent l’occasion de redécouvrir le théâtre antique construit dans la première moitié du Ier siècle et partiellement détruit par les travaux de percement du XIXe siècle (boulevard de la Motte-Sanguin et la voie de chemin de fer Orléans-Vierzon).

Enfin la campagne périphérique et les établissements ruraux antiques au nord d’Orléans seront appréhendés au cours de travaux conduits square des Erables, ZAC du Champ Chardon, Clos Saint-Denis, et Fontaine de l’Etuvée.

Vue des terrassements du Campo Santo en 1979 (Studio Bernard, 1979) Vue aérienne de la Porte Bannier, découverte lors des fouilles archéologiques de la place du Martroi, en 1986 (crédits : D. Petit, DRAC Centre 1987) Couverture du catalogue de l'expostion Truelles et palissades : 10 ans d'archéologie à Orléans, édité en 1988

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Voir aussi

Les découvertes archéologiques liées aux déblaiements après le bombardement de 1940.


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