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Recherche scientifique

SICAVOR

Opération de scan 3D dans une cave rue Saint-Euverte (crédits : Pôle d'archéologie, 2016)

Système d'Information Contextuel sur les Caves et Cavités d'Orléans

Ce programme de recherche concerne l'étude des sous-sols de la ville d'Orléans avec pour objectif de mieux connaître les trames urbaines anciennes. Les réseaux souterrains, qui restent mal identifiés et sont un facteur de risque dans les aménagements urbains, constituent une véritable opportunité de renouveler l’histoire des centres urbains, par la prospection et la documentation archéologique et architecturale.

Par caves ou cavités se comprend un ensemble d’aménagements d'origine humaine aux usages divers (que sa fonction d’origine soit conservée ou non). Pour Orléans, environ 700 cavités ont été recensées sur le territoire communal par la ville. Des informations minimales ont été versées dans la base de données du BRGM et sont consultables par le public sur internet. Cependant, une étude plus complète et méthodologique des caves de certains secteurs de la ville est susceptible de renouveler nos connaissances méthodologiques et scientifiques.

La recherche est articulée sur une coordination entre les laboratoires de recherche de la région Centre-Val-de-Loire intervenant dans le champ de l’histoire de la ville et de l’architecture (CESR), de l’archéologie urbaine et de l’archéologie du bâti (CITERES-LAT), des sciences de la Terre (Géo-hydrosystèmes continentaux, GEHCO), des sciences de la dynamique (PRISME). Différents partenaires et acteurs du terrain à Orléans participent aussi, le BRGM, la ville d'Orléans avec les archéologues du Pôle d'archéologie et les techniciens de la Direction de l'Environnement et de la Prévention des Risques (DEPR).

Un volet de valorisation scientifique s’appuie sur les réseaux nationaux ou internationaux des laboratoires concernés, sur le Conservatoire National des Arts et Métiers-Paris (CNAM) et se complètera d’une série d’actions sur le terrain relayées par des enseignants chercheurs de l’Observatoire des sciences de l’Univers en région Centre (OSUC), du Label Ville d’Art et d’Histoire d’Orléans, de la Mission Val de Loire.


Partenaires scientifiques

  • Pôle d'archéologie, Ville d'Orléans : porteur du projet
  • Centre d’Études Supérieures de la Renaissance (CESR) - Université F. Rabelais de Tours (UMR 7323) : porteur du projet
  • Laboratoire Archéologie et Territoires (LAT) - Université F. Rabelais de Tours (UMR 7324 CITERES)
  • Laboratoire PRISME de l’école Polytech’ de Université d’Orléans
  • Le Laboratoire GéHCO - Université François Rabelais (EA 6293)
  • Le Bureau de Recherches Géologiques et Minières d’Orléans (BRGM)
  • Le Service Régional de l’Archéologie (SRA) - DRAC Centre
  • La Direction de l'Environnement et de la Prévention des Risques (Imed Ksibi) et le Sigor (SIG ville d’Orléans) de la Mairie d’Orléans
  • Le Conservatoire National des Arts et Métiers de Paris (CNAM)

Objectifs

Le projet s’articule autour de trois objectifs.

  • Le premier est d’élaborer une archéologie de l’habitat et de l’espace urbain :

Le choix d’Orléans a été retenu en raison du potentiel sous-jacent apprécié par des opérations antérieures. Plus qu’une simple méthode de prospection ou qu’un inventaire normalisé destiné à enrichir la carte archéologique d’une ville, la démarche a pour objectif de mettre en place des protocoles d’études en définissant des méthodologies d’analyse pluridisciplinaire à l’échelle d’un îlot.

  • Le second objectif est de réaliser une chrono-typologie des cavités dans le cadre du quartier :

Les problématiques historiques, archéologiques et architecturales porteront sur la morphogénèse et le développement dynamique des quartiers, la cartographie des zones détruites et l’estimation des épaisseurs stratigraphiques (nature des sols géologiques et des occupations).

  • Le troisième objectif est de recenser et de détecter à partir des approches précédentes les cavités à risque :

Les remembrements urbains successifs, les reprises en sous-oeuvre des édifices, la nature parfois hétérogène des matériaux utilisés, les effondrements liés ou non à des infiltrations, les bouleversements du sol liés à l’installation des réseaux secs et humides, les pollutions liées aux activités artisanales ou industrielles anciennes ou récentes sont autant de facteurs de risques dont l’enregistrement est nécessaire.

Axes de recherche

Relevé par scanner 3D d’une cave, cloître Saint-Aignan dans le cadre du programme de recherche SICAVOR (crédits : Pôle d’Archéologie, 2016)

Ce travail sur les cavités suit plusieurs axes.

L’étude documentaire historique a d’abord nécessité le rassemblement des études existantes, de l’histoire de la ville d’Orléans, aux relevés de visite de la Société Française d’Étude des Souterrains,..Les fonds documentaires des archives sont utilisés pour réaliser l'étude documentaire (Archives et Bibliothèque nationale, Archives des Monuments Historiques et de l’Inventaire, Archives départementales du Loiret, ...). L'ensemble des informations est recensé sur une base de données informative et cartographique

Cette étude vise à établir la chronologie et la typologie des caves et de leurs différents états d’occupation. Une visite de celles-ci est donc nécessaire pour permettre l'enregistrement des observations. Ceci permet d’analyser leurs techniques de construction et leurs relations avec les bâtiments en élévation. Pour ce faire, les cavités font l’objet à minima d’un croquis et de relevés manuels accompagnés d’un enregistrement pour celles qui le nécessitent. Les caves présentant un intérêt particulier ou une complexité plus importante pourront être relevées à l’aide d'un scanner 3D. Des relevés 3D obtenus par photogrammétrie* sont également envisagés pour les restitutions et la valorisation des données.

L’étude architecturale peut être accompagnée d’une analyse pétrographique des matériaux extraits et de leur mise en oeuvre dans le bâti. Elle est mise en parallèle avec une cartographie des lieux d’approvisionnement en matériaux lithiques dans le bassin de la Loire. Elle est complétée par une étude sur la caractérisation et l’épaisseur des dépôts archéologiques et des sols géologiques à l’aide d’un pénétromètre dynamique*.

Publications

Retrouvez ici toutes les publications en lien avec le programme de recherche SICAVOR.

L'habitat d'Orléans du XIIe siècle au début du XVe siècle, état de la recherche : étude des élévations et apports de l'observation des caves

Une partie de l'habitat médiéval de la ville d'Orléans a pu être redécouverte grâce aux analyses de bâti menées depuis les années 2000 dans le cadre de travaux universitaires, qui sont croisées à la relecture des sources iconographiques et aux résultats des fouilles réalisées depuis la fin des années 1970. Cet article présente tout d'abord les éléments qui caractérisent les élévations de ces bâtiments (modes de construction, structures et décors des ouvertures, charpentes, etc.). Mais, ce sont les espaces situés en sous-sol qui constituent souvent les témoins les plus tangibles de ces maisons, lorsque les élévations en surface ont été reconstruites ou profondément remaniées à une époque ultérieure. Une analyse systématique des caves situées de part et d'autre d'une rue témoin a révélé un nombre important de caves bâties aux XIIIe et XIVe siècles. Les comparaisons avec d'autres caves situées dans la ville indiquent que le potentiel est important. Certaines cavités, situées en second niveau de sous-sol, sont d'anciennes petites carrières d'extraction de pierres locales, rapidement consolidées pour servir de caves. À une profondeur moins importante, certaines caves ou " salles basses excavées " correspondent à des celliers desservis par des escaliers accessibles grâce à une trappe ouverte derrière la porte d'entrée de la maison. Ces salles présentent plusieurs modes de couvrement (berceaux, voûtes d'arêtes, et quelques plafonds), mais les voûtes d'ogives forment le groupe le plus important. L'étude des caves apporte un nouveau regard sur l'évolution de la ville d'Orléans. Elle indique que la trame parcellaire actuelle était déjà en grande partie fixée vers le XIIIe siècle dans bien des quartiers. Elle permet également de restituer un paysage urbain irrégulier, où des maisons étroites sur parcellaire laniéré côtoient quelques grands logis barlongs en front ou en retrait de la voie publique. L'étude des caves et salles basses excavées nous renseigne également sur les habitants de ces maisons. Derrière le soin apporté à la salle (parements, décors sculptés, enduits parfois peints, etc.), il est possible de souligner le recours à des procédés constructifs avantageux et à une parfaite rationalisation de l'emploi des matériaux.

Article téléchargeable sur HAL

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