Orléans Métropole

Pôle d'archéologie

Diagnostic archéologique au n° 3 rue des Fauchets

Diagnostic archéologique au n° 3 rue des Fauchets

Vue générale du sondage à la pelle mécanique dans l'arrière-cour du 3 rue des Fauchets (crédits : Pôle d'archéologie, 2016)

Deux sondages ont été réalisés durant cette opération de diagnostic : un premier à l’aide d’une petite pelle mécanique dans l’arrière-cour de la parcelle ; le second à la main, dans une ancienne cave conservée lors de la construction du laboratoire d’analyse dans les années 1960.


Occupation du début de l'époque romaine

Occupation du début de l'époque romaine

Vue de détail du trou de poteau F.104 (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)

Une occupation domestique et/ou artisanale antique

Au fond du sondage de l’arrière-cour, à environ 1,20 m sous le sol actuel, deux petits trous de poteau et une fosse peu profonde sont conservés et percent le substrat naturel sablo-argileux. Leur comblement a livré du mobilier céramique datant du début du Ier s. ap. J.-C. Il pourrait s’agir d’une petite occupation domestique (habitat ? atelier ?) située en limite de la ville du début de l’époque romaine.

Occupant tout le fond du sondage mécanique, la fosse F.103 perce le substrat sablo-argileux et recoupe les trous de poteau du premier état. Sa forme quadrangulaire de 2 m de côté, ses parois verticales, la présence de petits trous de poteau le long de ces parois et d’un possible escalier ou banquette, permet d’interpréter cette fosse comme un cellier. Son comblement a livré un mobilier assez abondant et varié, mêlant poterie, terres cuites architecturales (tuiles) etc. Ce mobilier permet de dater cette occupation domestique de la fin du Ier s. ap. J.-C.

Vue zénithale du cellier quadrangulaire F.103 (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)

Une nécropole de la fin de l'Antiquité ?

Une nécropole de la fin de l'Antiquité ?

Plan du sondage mécanique avec emplacement de la sépulture F.101 (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)

Après l’abandon du cellier, le secteur ne semble pas faire l’objet de nouveaux aménagements, jusqu’à la fin de l’Antiquité. À cette période, un individu est inhumé en cercueil approximativement à l’emplacement du cellier.

Il s’agit d’un individu adulte, inhumé sur le dos, les bras posés sur l’abdomen et tête à l’ouest. La fouille a permis d’identifier trois clous bordant l’individu et marquant sans doute les vestiges d’un cercueil.

Le comblement de la sépulture a livré, entre autre, un peigne en os qui pourrait avoir été déposé avec le défunt. Une datation radiocarbone effectuée sur un des ossements permet de dater le décès de l’individu entre 250 et 400. Le mobilier céramique trouvé dans le comblement confirme cette datation de la fin de l’Antiquité. L’absence de toute autre sépulture dans les sondages pratiqués lors de ce diagnostic ne permet pas de déterminer s’il s’agit d’une sépulture isolée ou si elle appartient à une nécropole plus importante. La deuxième hypothèse pourrait être à privilégier, puisque les travaux accompagnant le percement de la rue de la République à la fin du XIXe s. ont occasionné la découverte d’ossements humains associés à du mobilier d’époque antique.

Vue zénithale de la sépulture F.101 (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)Vue de détail d'un peigne en os associé au défunt (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)

Le bâti de l'époque moderne

Le bâti de l'époque moderne

Débouché de l'ancien escalier dans la cave située sur le front de rue (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)

L'occupation moderne

Le diagnostic n’a livré aucune information sur l’occupation médiévale de cette parcelle. La cave, conservée sur le front de rue, présente plusieurs remaniements et possède la particularité de posséder un vide-poche au débouché de l’escalier originel.

Ce vide-poche correspond à une poterie prise dans la maçonnerie du mur de cave. Ce pot, de facture assez caractéristique, fournit une datation assez précise de la construction de la cave et de la maison détruite dans les années 1960 : elle peut ainsi être rattachée à l’urbanisation de l’espace entre l’ancienne enceinte médiévale (Place du Martroi) et la nouvelle enceinte moderne (à l’emplacement des boulevards actuels), durant la première moitié du XVIe s.

Vue de détail du vide-poche situé au débouché de l'ancien escalier (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)


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