Orléans Métropole

Pôle d'archéologie

Les découvertes de la fouille archéologique du lycée Saint-Euverte

Les découvertes de la fouille archéologique du lycée Saint-Euverte

Découvrez ici les premiers résultats de cette fouille


La réalisation d'une fouille par le Pôle d'Archéologie de la ville d'Orléans lors de la construction d'un nouveau bâtiment d'enseignement dans le Lycée Saint-Euverte a permis de mettre au jour de nombreux vestiges d'occupations gallo-romaines et médiévales.

L'équipe archéologique débute désormais le traitement des données récoltées lors de trois mois de fouilles riches en belles découvertes et en informations sur le passé de ce quartier.


Un quartier d'habitation antique

Un quartier d'habitation antique

Cave gallo-romaine située au sud de l'emprise de fouille. Au premier plan, on distingue les premières marches de l'escalier qui permettait d'accéder à la cave (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

La cave sud

Depuis le XIXe s., de nombreuses traces d'un quartier d'habitat antique ont été mises au jour autour de l'église Saint-Euverte. La fouille menée par le Pôle d'archéologie ne déroge pas à ces observations puisqu'au moins deux maisons antiques ont été découvertes, dont seules les caves creusées dans le sol sont parvenues jusqu'à nous. Les murs et élévations de ces bâtiments ont en effet complètement disparu, probablement récupérés au fil des siècles. Ces deux caves sont séparées d'une trentaine de mètres. Elles sont bordées à l'ouest par une rue identifiée lors de précédentes fouilles dans l'enceinte du lycée dans les années 1990. La présence d'une rue est-ouest entre ces deux maisons est aussi suspectée.

 

Ces caves antiques présentent une mise en oeuvre caractéristique de la construction d'époque romaine : on observe ainsi, pour la cave sud, des murs constitués de successions de six assises de petits moellons calcaires et de deux assises de briques. L'accès s'effectuait par un escalier situé dans un petit espace bordant la salle principale. Au centre de celle-ci, une meule en remploi posée au sol était destinée à soutenir le poteau central supportant la charpente.

Vue en 3D de la cave sud (pdf 3D à télécharger, nécessite le logiciel Acrobat Reader ; crédits : Pôle d'archéologie, 2017) (5,7 Mo)

Parement du mur oriental de la cave sud, avec succession de six assises de moellons calcaires et de deux assises de briques (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)Salle principale de la cave sud en cours de fouille. À droite de la photo : banquette maçonnée. Au premier plan : meule disposée au centre de la salle et destinée à recevoir le poteau central (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

Vue verticale d'une cave gallo-romaine située au nord de l'emprise de fouille. Certains murs sont enduits et possèdent de petites niches (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

La cave nord

La cave située au nord de l'emprise de fouille possède des murs enduits, masquant l'appareillage, ainsi que de petites niches murales destinées à disposer des pots ou une lampe à huile pour s'éclairer. Le mur septentrional et une partie du mur oriental sont reconstruits dans un second temps, suite à un affaissement du terrain sous-jacent.

Vue en 3D de la cave nord (pdf 3D à télécharger, nécessite le logiciel Acrobat Reader ; crédits : Pôle d'archéologie, 2017) (19,8 Mo)

Angle de deux murs de la cave nord, reconstruits en partie supérieure suite à un affaissement du sous-sol (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

Vue zénithale du cellier quadrangulaire, dont l'accès se faisait par un petit escalier visible en bas de l'image (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

Le cellier

Entre les deux caves, l'espace est occupé par un petit cellier quadrangulaire creusé dans le terrain naturel et dont les parois sont renforcées par de petits murets de pierres calcaires. Des banquettes ont été aménagées le long des murs pour stocker des denrées alimentaires.

Le bâtiment couvrant le cellier n'était pas préservé et seuls quelques poteaux ancrés dans le sol matérialisent sa présence. Il s'agit d'un bâtiment construit en matériaux périssables, sans doute une grange, une remise ou un bâtiment d'exploitation lié à une des parcelles du quartier.

Le cellier est bordé d'un puits circulaire dont les parois sont cuvelées en partie supérieure. Ce puits pourrait avoir été abandonné et comblé durant l'Antiquité tardive.

Puits de plan circulaire bordant le cellier (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

L'abandon d'un quartier d'habitat aisé...

L'abandon d'un quartier d'habitat aisé...

Petite fiole anthropomorphe en alliage cuivreux, disposant d'une anse articulée  et d'une trappe avec charnière sur le sommet de la tête (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

Ce quartier d'habitat se met en place au cours du Ier s. ap. J.-C., en limite de la zone urbanisée de Cenabum. Le mode de construction des bâtiments et le mobilier retrouvé lors des différentes fouilles incite à envisager la présence d'une population plutôt aisée. Probablement à partir de la fin du IIe s. ou au début du IIIe s., le quartier est progressivement abandonné, phénomène sans doute accentué par l'incendie de plusieurs bâtiments. Les caves sont alors remblayées avec des matériaux issus des destructions des habitats adjacents, mêlant matériaux de construction et mobilier de la vie quotidienne, parfois de très belle facture.

(Les objets présentés ici n'ont pas encore été restaurés)
Mercure en alliage cuivreux (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)Stylet en os utilisé pour l'écriture sur tablette de cire (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

...remplacé par une nécropole tardo-antique...

...remplacé par une nécropole tardo-antique...

Sépulture datée de l'Antiquité tardive, dont la tête a été protégée lors de l'inhumation par deux tuiles disposées en bâtière (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

À la suite de l'abandon du quartier, certaines zones évoluent vers une utilisation comme espace funéraire durant l'Antiquité tardive.

Ainsi, le nord de l'emprise de la fouille a livré une trentaine de sépultures datées de la fin de l'époque romaine. Ces sépultures correspondent à des inhumations, avec des individus déposés sur le dos, tête à l'ouest, le plus souvent les mains disposées sur le bassin. La présence de clous en fer dans les sépultures prouve l'emploi de cercueils ou de coffrages de bois. Une des sépultures possède un aménagement de tête en bâtière, constituée de deux tuiles disposées de champs au-dessus du crâne. Les recoupements de sépultures sont rares, ce qui traduit la présence pérenne d'un marquage au sol des sépultures.

Les sépultures antiques ont été identifiées uniquement dans la partie nord de la zone de fouille, au-dessus de ce qui est interprété comme l'emplacement d'une rue est-ouest durant le Haut Empire. Cette délimitation prouve que l'espace funéraire était contraint par la présence de limites parcellaires ou viaires héritées du quartier du début de l'époque romaine.

Sépulture gallo-romaine (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

...puis un cimetière médiéval

...puis un cimetière médiéval

Sarcophage du haut Moyen Âge. On observe l'état de conservation particulièrement mauvais des ossements de l'individu (crédits : Pôle d'archéologie, 2017)

La nécropole antique de ce quartier correspond, d'après la tradition, au lieu d'inhumation de la première communauté chrétienne d'Orléans. C'est ici en effet qu'est inhumé Saint Euverte à la fin du IVe s., à proximité d'un oratoire situé à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Euverte. Avec l'inhumation du saint, le cimetière acquiert de plus en plus d'importance. Ce secteur conservera ainsi sa vocation cultuelle et funéraire jusqu'à la fin du Moyen Âge. De nombreux sarcophages médiévaux ont été mis au jour dans l'église ou autour de celle-ci.

Ainsi, la fouille a livré une vingtaine de sépultures datées du Moyen Âge, dont cinq sarcophages à l'état de conservation variable. Ces sarcophages sont caractéristiques du haut Moyen Âge (VIe - VIIIe s.) et sont de forme trapézoïdale.
Dans les prochains mois, l'étude des ossements permettra de caractériser les individus inhumés ici depuis l'époque romaine : le sexe, l'âge au décès, éventuellement la cause de la mort, la présence de carences alimentaires, de maladies, de traumatismes, etc.


Cette note d'actualité présente des résultats provisoires.

Cette note d'actualité présente des résultats provisoires.

Une nouvelle exposition virtuelle sera présentée sur le site une fois la phase d'étude achevée.

 

En attendant, vous pouvez patienter en lisant le rapport du diagnostic réalisé en juillet 2016.

Rapport de diagnostic du Lycée Saint-Euverte

 


 

Vous pouvez aussi visiter le site internet du Lycée professionnel Saint-Euverte, sur lequel les élèves de 1ère commerce et de 1ère MELEC ont réalisé des comptes-rendus de visites des fouilles.



Partager sur Facebook