Qu'est ce que l'archéologie aujourd'hui ?

Le patrimoine archéologique, un bien fragile et non renouvelable à protéger.

Les traces du passé sont conservées dans tous nos territoires. L’archéologie s’intéresse à ces traces qui interrogent sur la place de l’homme depuis la préhistoire jusqu’à aujourd’hui. Ces traces sont fragiles, souvent lacunaires et nécessitent un regard spécialisé pour les "faire parler". C’est le rôle de l’archéologue.

L’archéologie permet d’aborder des notions très vastes sur les relations entre l’homme et son environnement, et comment celui-ci s’adapte aux changements de ce dernier. L’archéologue s’intéresse autant aux formes de l’habitat, qu’aux moyens de produire et de consommer en passant par les croyances et les formes des sociétés créées.

L’archéologie c’est détruire

Toute intervention sur un site archéologique implique la destruction, par l’étude raisonnée, des vestiges de natures diverses. Cette destruction s’accompagne d’un enregistrement minutieux des traces observées, c’est le travail majeur des archéologues.

Pourquoi détruire ? Les vestiges d’un site archéologique sont étudiés depuis les couches les plus récentes (près du sol actuel) jusqu’aux couches les plus anciennes (en profondeur). Pour atteindre ces dernières il faut nettoyer, fouiller, enregistrer puis enlever (donc détruire) les couches les plus récentes. L’archéologue pourrait être comparé à un historien qui brûlerait au fur et à mesure les pages du livre qu’il lit. C’est pourquoi il documente tout ce qu’il voit et ce qu’il trouve.

L’archéologie : un métier

La complexité des domaines étudiés et la diversité des méthodes employées, spécifiques, expliquent que l’on devient archéologue après une longue formation.

Le Pôle d’archéologie d’Orléans dispose d’un agrément qui lui permet de réaliser des diagnostics sur le territoire communal et des fouilles des périodes protohistorique, antique, médiévale, moderne et contemporaine sur toute la France. Chaque opération archéologique nécessite une autorisation de l’ État qui est nominative (arrêté de désignation). Celui-ci est délivré à condition que le responsable d’opération désigné ait les qualités scientifiques requises de par sa formation ou son expérience.

L'archéologie en France : liens utiles

L'archéologie préventive


Sondage de diagnostic dans la cour de l'ancien collège Anatole Bailly en 2015 (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)
Sondage de diagnostic dans la cour de l'ancien collège Anatole Bailly en 2015 (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)

Le diagnostic

En préalable à un aménagement susceptible d’impacter le sous-sol, le diagnostic consiste à détecter, caractériser, circonscrire et dater les éventuels vestiges archéologiques. Il est prescrit par l’État par le biais du Service Régional de l’Archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles de la région Centre-Val-de-Loire, lors de l’instruction du permis de construire. Cette prescription n’est pas systématique. Elle dépend du potentiel archéologique du secteur qui va être aménagé : il peut s'agir une zone sensible, si des sites archéologiques sont répertoriés dans l’environnement immédiat, ou à l’inverse une zone très peu renseignée, car n’ayant pas fait l’objet auparavant d’investigations archéologiques.

Lors du diagnostic, on procède généralement au creusement de sondages de taille limitée à l’aide d’une pelle mécanique. Dans le cadre spécifique du milieu urbain, peu accessible, le Pôle d’archéologie utilise aussi d’autres méthodes de diagnostic : sondages directement depuis les sous-sols de type caves pour atteindre les niveaux les plus anciens et carottages géotechniques. Le diagnostic concerne aussi le suivi des travaux de voirie (réseaux et requalifications).

À l’issue du diagnostic, le responsable de l’opération rédige un rapport qui rend compte des découvertes et de leur nature. Si le diagnostic n’a pas permis la mise au jour de vestiges, l’État peut autoriser l’aménageur à effectuer ses travaux. Si le diagnostic a révélé la présence de vestiges archéologiques, l'État peut décider de la réalisation d'une fouille archéologique ou de la modification du projet d'aménagement, en fonction de l’intérêt scientifique des vestiges et/ou de leur état de conservation.

Carottages géotechniques sous surveillance archéologique dans la cour de l’ancien collège Anatole Bailly en 2015 (crédits : Pôle d’archéologie, 2015)
Carottages géotechniques sous surveillance archéologique dans la cour de l’ancien collège Anatole Bailly en 2015 (crédits : Pôle d’archéologie, 2015)
Sondages dans les caves de l’ancien collège Anatole Bailly, lors du diagnostic archéologique en 2015 (crédits : Pôle d’archéologie, 2015)
Sondages dans les caves de l’ancien collège Anatole Bailly, lors du diagnostic archéologique en 2015 (crédits : Pôle d’archéologie, 2015)
Suivi archéologique des travaux de requalification de la place du Martroi en 2013, sondage à l’emplacement de la machinerie de la fontaine (crédits : Pôle d’archéologie, 2013)
Suivi archéologique des travaux de requalification de la place du Martroi en 2013, sondage à l’emplacement de la machinerie de la fontaine (crédits : Pôle d’archéologie, 2013)
Suivi archéologique des travaux de requalification de la rue Saint-Euverte en 2015, sondage pour la plantation d’arbres (crédits : Pôle d’archéologie, 2015)
Suivi archéologique des travaux de requalification de la rue Saint-Euverte en 2015, sondage pour la plantation d’arbres (crédits : Pôle d’archéologie, 2015)

Fouille archéologique en 2014, au 80 quai du Chatelet en préalable à la construction d'un hôtel (crédits : Pôle d'archéologie, 2014)
Fouille archéologique en 2014, au 80 quai du Chatelet en préalable à la construction d'un hôtel (crédits : Pôle d'archéologie, 2014)

La fouille

Lorsque l’État prescrit une fouille archéologique, l’aménageur peut faire appel à l’Inrap ou à tout opérateur agréé par l’État, comme c’est le cas pour le Pôle d’archéologie d’Orléans.

L’emprise de la fouille peut être déterminée à partir des résultats du diagnostic, tout comme les moyens à mettre en œuvre lors de l’opération. Il faut ainsi adapter les méthodes de fouille au type de vestiges attendus. Par exemple, une nécropole nécessite la présence d’un anthropologue pour étudier les restes humains sur le terrain. La présence de constructions en élévation implique la présence d’un archéologue du bâti. L’analyse géo-archéologique de certains sols impose l’intervention d’un spécialiste spécifique. Tous ces archéologues et l’ensemble de l’équipe de fouille sont placés sous la responsabilité du responsable de l’opération. Celui-ci est désigné par l’État, en fonction des qualités scientifiques et de l’expérience spécifique que requiert la fouille du site objet de la prescription

Avant la fouille, les moyens mis en œuvre et la durée de l’opération sont définis en accord avec le Service Régional de l’Archéologie et l’aménageur, afin de concilier les impératifs scientifiques et ceux du projet d’aménagement.

Lors du démarrage de l’opération de fouille, les premières couches supérieures (voiries actuelles et remblais contemporains) sont décapées à l’aide d’une pelle mécanique. Ensuite, la surface mise au jour est nettoyée, puis les structures archéologiques sont fouillées, des plus récentes aux plus anciennes. Tout au long de la fouille, ces structures sont documentées par un enregistrement précis : description, photographies, dessins et parfois relevés en 3D. Le mobilier archéologique est prélevé dans chaque couche archéologique. Il sera ensuite étudié après la fouille.


Traitement du mobilier archéologique après la fouille (crédits : Pôle d'archéologie, 2014)
Traitement du mobilier archéologique après la fouille (crédits : Pôle d'archéologie, 2014)

Après la fouille (la post-fouille)

Après la fin de l’opération, le mobilier archéologique est lavé, trié et inventorié puis étudié. Ce mobilier est composé de l’ensemble des objets et prélèvements découverts lors de la fouille. Il s’agit de tessons de poteries, d’objets personnels en matériaux divers, de matériaux de construction … Chaque type d’objet est étudié par un spécialiste spécifique ; la céramique pour le céramologue, les monnaies pour le numismate, les ossements humains pour l'anthropologue ...

L’ensemble de la documentation réalisée sur le terrain (enregistrement stratigraphique, photographies, dessins …) est mis au propre et organisé, de manière à aider l’équipe de fouille à restituer l’histoire du site à partir des observations des couches archéologiques.

Ces résultats (stratigraphie et mobilier) sont synthétisés dans un rapport de fouille archéologique qui restitue l’histoire du site, propose des hypothèses d’interprétation concernant la nature et la datation des occupations et consigne les preuves de ces réflexions.


Travaux de ravalement avec suivi archéologique à l’angle des rues Etienne Dolet et des Pastoureaux en 2014 (crédits : Pôle d’archéologie, 2014)
Travaux de ravalement avec suivi archéologique à l’angle des rues Etienne Dolet et des Pastoureaux en 2014 (crédits : Pôle d’archéologie, 2014)

Missions spécifiques

En tant que service de collectivité, le Pôle d’archéologie intervient sur un territoire précis dont il gère et documente tout le patrimoine. Il acquière donc au fil des années une connaissance experte de ce territoire à partir des recherches de terrain et les études documentaires qu’il coordonne. Toutes ces données sont organisées à l’aide de systèmes d’informations géographiques.

De par son appartenance à la Direction de l’Aménagement Urbain et de l’Habitat, le Pôle d’archéologie propose son expertise en amont des projets d’aménagements. Dès leur lancement, très en amont de leur réalisation, il réalise des études documentaires préalables sur l’impact du futur aménagement sur le patrimoine archéologique du territoire. Ceci permet de concilier au mieux les impératifs de la protection du patrimoine archéologique et les politiques de l’aménagement du territoire.

Enfin, la politique d’embellissement du centre-ville d’Orléans initiée depuis 2006, implique l’intervention du Pôle d’archéologie en accompagnement des ravalements de façade. Un archéologue du bâti effectue les observations et les relevés sur une partie de ces opérations. Depuis 2006, une soixantaine de bâtiments ont ainsi fait l’objet d’une analyse archéologique du bâti.


Carte interactive